dimanche 31 janvier 2016

Ouverture de "A 12" de Louis Zukofsky




D’un besoin profond
Quatre trombones et l’orgue dans la nef
Une torche surgie –
Réglèrent le thème sur le nom de Bach,
Noir, mélèze et strie, nuit :
De mon corps aux autres corps
Anges et salauds interchangeablement
Qui feraient mieux de chanter et de dire des histoires
Avant que tout ne soit séparé abstrait.
Ainsi :  d’abord, forme
La création –
Une brume de la terre,
Toute la surface du sol ;
Alors rythme
Et souffle soufflée de la vie ;
Alors style
Qui tire sa fonction de l’œil –
“Goût” dirons-nous – une âme vivante.
D’abord, glyphe ; ensuite syllabaire,
Alors les lettres.   Ratio d’après
Les yeux, conte par le son. D’abord, danse. Alors
Voix. D’abord, le corps – pour qu'être vu et pulser
Se produisent ensemble.
Avant le vide il n’y eut ni
Etre ni non-être ;
Le désir, venu de la chaleur,
Ou lequel d'abord ?
Jusqu’à ce que les sages regardent en leurs cœurs
La parenté de ce qui est et de ce qui n’est pas.
    Ou dans le cœur ou dans la tête ?
        Chœur de plus de trois millénaires.


(Trad. Philippe Blanchon) 

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